La puce qui murmurait à l'oreille des zèbres


Extrait du mémoire de Delphine Tranvaux - coach certifiée - thérapeute en relation d'aide

spécialisée APIE (atypiques personnes dans l'intelligence et l'émotion) - Haut Potentialité




Les caractéristiques que nous allons aborder dans cette partie peuvent être celles de beaucoup d’individus et cela n’en fait pas pour autant des zèbres.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une personne très intelligente, travailleuse, qui mène une carrière brillante ou qui excelle dans son domaine de prédilection n’est pas forcément un surdoué. Son intelligence linéaire, adaptative, lui permet de s’adapter au monde, aux exigences et aux normes édictées par la société, à un mode de pensée qui est identique au sien, contrairement à celui des zèbres.


Pour ma part, la seule chose dont je suis sûre, c’est que je me sens différente et j’ai aimé ça durant mon enfance jusqu’à un certain âge, celui de l’adolescence. A partir de ce moment, l’envie d’être normale, d’être comme les autres à pris le dessus. J’ai essayé de m’adapter, de me fondre dans la masse, de coller à l’image que mon entourage avait de moi, de rentrer dans les cadres que la société définissait. Je n’avais pas un groupe d’amis, je me retrouvais un peu dans chacune des personnes que je côtoyais. Je faisais partie, depuis mon enfance, de nombreux clubs (basket, danse, musique, association caritative, éclaireurs de France). Je n’aimais pas un style de musique en particulier,

n’avais pas de style vestimentaire particulier, je ne supportais pas l’injustice et montais au créneau dès que j’en étais témoin. Je ne me trouvais ni belle, ni laide, et encore moins intelligente et cultivée. J’aimais en particulier, et j’aime encore beaucoup ça, passer des heures dans l’océan, me couper du monde immergée entièrement sous l’eau, autre monde qui me donne une intense sensation de calme et de bien-être. Mais j’aimais aussi beaucoup être avec les autres. Je courais après des signes de reconnaissance de la part de mes parents, de mes amis, de mes professeurs.


J’admirais et enviais profondément ceux qui avait une passion, un don particulier, une facilité à faire des choix et s’y tenir. J’ai donc tenté de m’intégrer en faisant ces choix qui accommodaient les personnes à qui je voulais plaire. Cela m’a été plutôt aisé il est vrai car j’avais cette impression de savoir ce que ressentaient mes interlocuteurs, ce qu’ils attendaient. J’ai suivi une scolarité classique tout en ne comprenant pas ou cela allait me mener. Je me suis imaginée faire mille métiers différents, vivre dans des milieux sociaux différents, être mille personnes différentes. J’ai inventé 18 des objets et des concepts que je ne mettais jamais en œuvre et qui voyaient le jour des années plus

tard, créés par d’autres. D’ailleurs je me demande aujourd’hui si c’étaient bien mes inventions ou simplement des visions de ce qui existerait probablement plus tard. J’ai eu beaucoup de difficulté à assumer mes choix, je ne m’y retrouvais pas, j’ai accumulé des frustrations, traversé des périodes où je me suis sentie aigrie, en colère contre le monde entier sans en comprendre la raison profonde, sans comprendre que, parfois, c’était contre moi-même que j’étais le plus en colère car je ne me réalisais pas.


Je me suis rabaissée, j’ai pensé que j’étais folle, hyper manipulatrice, trop nulle pour

entreprendre quoi que ce soit de génial, incapable de retenir des notions apprises dans des livres, des titres de chansons ou le nom des artistes, orgueilleuse, hypocrite, chiante, incomprise. J’ai cru que l’intelligence était le contraire de tout cela. La seule constante que je vivais dans ma vie, c’était le changement permanent de mes envies. La chose qui, je crois, m’a sauvée d’une vie coupée de moi et des autres, c’est la farouche envie de me comprendre et de comprendre l’autre. Cette détermination à ne pas me laisser abattre, cette conviction que le bonheur est à portée de main m’ont poussé à chercher, échanger, débattre, écouter, remettre en question, bousculer mes préjugés,

m’intéresser à mon vrai moi et à celui des autres. Et c’est aussi ce qui me fait à nouveau apprécier ma différence.


J’aurais pu raconter toute mon histoire et tenter d’en extraire les caractéristiques typologiques des surefficients en me basant seulement sur ma vision, mes perceptions, mes expériences personnelles, mais elles n’auraient pas entièrement reflété la palette de personnalité des autres zèbres. Et il me semble important que les coachs et autres personnes qui liront ce mémoire puissent repérer cette minorité particulière qui, de mon humble avis, pour nombre d’entre eux, ont besoin d’aide et de compréhension pour se révéler. J’ai également compris, au cours de mes recherches, qu’une partie

de ces caractéristiques ne m’étaient pas accessibles consciemment, car j’étais persuadée que ce qui me semblait naturel, évident, inné, l’était aussi pour une grande partie de la population. Je vais donc m’appuyer sur les découvertes et la compréhension qu’en ont les thérapeutes et scientifiques que j’ai découvert lors de mes recherches, tout en y ajoutant un zeste de ma perception.


Les caractéristiques suivantes sont les conséquences des différences physiologiques du cerveau que nous avons pu constater plus avant:

  1. Un flux mental rapide, que l’on pourrait qualifier de « fulgurant » mais aussi et surtout très envahissant car omniprésent. On peut parler ici de vélocité cognitive, un traitement de l’information hyper rapide dû à une perception globale hyper développée, conséquence de la première différence physiologique du cerveau des surefficients vue dans les pages précédentes. Sa compréhension est immédiate. Monique de Kermadec (2011) la nomme la pensée magique, personnellement je dirais: « l’âme agit ». Les pensées vont beaucoup plus vite que les mots qu’il exprime et s’apparentent plus à une succession d’images. S’il les extériorisait toutes, cela serait vite considéré comme un bavardage incessant qui pourrait être attendrissant un temps pour l’entourage, mais qui deviendrait vite agaçant.

  2. Une pensée en arborescence, un « mind-mapping » permanent, l’opposé d’une pensée linéaire. C’est une des résultantes de l’activation de cette synergie optimale entre les différentes zones du cerveau, conséquence de la 2ème différence physiologique des individus à haut potentiel intellectuel expliquée plus avant. C’est une pensée qui va en créer une autre, qui elle-même créera instantanément une autre pensée, qui en engendrera simultanément une autre et ainsi de suite. C’est comme taper un mot sur un moteur de recherche internet qui va instantanément ouvrir une quantité de liens. A la différence que vous pouvez débrancher ou éteindre l’ordinateur et que le zèbre ne peut pas débrancher son cerveau, il doit apprendre à vivre avec en permanence. Cette caractéristique permet à un zèbre de s’atteler à plusieurs tâches en même temps, d’avoir des idées originales, inattendues, fantasques. Mais cela va lui être difficile de les partager sans que celles-ci ne paraissent incompréhensibles voir choquantes pour des personnes qui fonctionnent avec un mode de pensée plus linéaire.

  3. Un besoin vital de comprendre. Le zèbre est curieux et aime apprendre toujours plus, mais pas question de découvrir une nouvelle notion sans la comprendre. Il se pose des questions en permanence. Cela lui est également très difficile voir douloureux d’obéir à un ordre ou d’adhérer à une idée sans démêler le pourquoi du comment. Cela aussi peut être source d’énervement pour l’entourage qui n’aura pas toujours l’envie, la force ou la patience de se prêter au jeu des explications ou justifications qui soulèveront encore d’autres questions. Mais il faut savoir que même s’il décide de ne plus vous importuner avec ses questions, elles continueront de se dérouler immuablement dans son cerveau. Au-delà de la question du « pourquoi » basique, le zèbre est en quête perpétuelle de sens. Il cherche à conscientiser l’inconscient.

  4. Une empathie qui va au-delà de ce que l’on peut, en méconnaissance de cause, imaginer. L’individu APIE ne fait pas que se figurer ce que l’autre ressent, il en est totalement imprégné. Il capte toutes les émotions et sensations des autres au point de les faire siennes. Son écoute va bien au-delà de ce que vous pouvez lui en dire, il les vit pleinement, même celles dont vous n’avez peut-être pas conscience. Cela aussi peut s’avérer très dérangeant, voir intrusif pour les personnes qu’il côtoie.

  5. Une capacité hyper développée des cinq sens qui, elle aussi, est bien en-deçà de son niveau de conscience, d’une puissance insoupçonnable pour le zèbre lui-même. Sa vue, son odorat, son ouïe, son sens du toucher et celui du goût sont décuplés. A tel point qu’une faible luminosité, un très léger courant d’air, un bruit proche ou lointain, une odeur, la sensation d’une matière sur sa peau ou le goût d’un simple fruit peut l’émerveiller ou l’exacerber. Une hypersensibilité qui peut passer pour exagérée aux yeux de l’entourage.

  6. Une hypersensibilité qui décuple les émotions au point d’en ressentir des effets dans tout le corps. Le zèbre a une capacité à s’émerveiller pour des choses qui paraîtront peut-être insignifiantes à d’autres regards, comme une goutte de rosée qui perle sur un brin d’herbe. Il peut rester admirer et observer l’existence de cette goutte pendant un laps de temps qui paraîtrait être une éternité pour quelqu’un d’autre. Il ressent la tristesse, la joie, l’amour, la colère, le dégoût, la peur, une ambiance...etc...au centuple. Sa réaction face à une injustice peut être très virulente et en désarçonner plus d’un!

Delphine.

pour en savoir plus

https://www.laboiteaaider-lorient.com/delphine-tranvaux

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