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Intelligence émotionnelle

Mis à jour : juil. 16

Nous vous proposons un regard documenté et analytique sur ce que l' on qualifie de compétences émotionnelles ou de caractéristiques émotionnelles chez les atypiques avec ici une cible d'études sur le Haut Potentiel. Cette analyse qui date de 2004 a pris quelques rides en effet quant aux découvertes réalisées sur l'intelligence émotionnelle, mais permet de comprendre la rhétorique souvent utilisée par les professionnels et d'approfondir nos connaissances.



© 2004 Société française de psychologie. Publié par Elsevier SAS. Tous droits réservés :




"La littérature fait de plus en plus état du rôle que jouent les composantes émotionnelles dans l’émergence d’un haut potentiel intellectuel. Par ailleurs, les intrications multidimensionnelles dans le développement d’un potentiel élevé dans un domaine ont souvent été relatées dans le domaine de l’éducation. Ainsi, certains praticiens, pensent que les enfants à haut potentiel pourraient se distinguer par un univers affectif hors norme. De ce point de vue, la combinaison entre des aptitudes intellec- tuelles élevées et des caractéristiques émotionnelles particulières fourniraient un cadre d’interaction avec l’environnement propice à l’expression d’un potentiel élevé dans un domaine. Cet article passe en revue différents aspects émotionnels (compétences émotionnelles, anxiété, intensité émotionnelle) susceptibles de mieux décrire les individus à haut potentiel, en s’appuyant sur un certain nombre d’études empiriques déjà réalisées dans ce domaine de recherche. Le haut potentiel présentent des difficultés d’ordre émotionnel et social. Les théories et/ou les travaux présentés ci-dessous sont, à notre connaissance, les seuls ayant porté sur les caractéristiques émotionnelles de ces enfants. Un premier groupe de recherches examine ce qu’il est convenu d’appeler l’« intelligence émotionnelle » chez les enfants à haut potentiel intellectuel. Une seconde série de recherches est orientée vers l’étude de l’anxiété des enfants à haut potentiel : des facteurs intrinsèques ainsi que des facteurs contextuels semblent favoriser l’émergence de ce trait. Enfin, un troisième groupe de recherches est focalisé sur le concept d’intensité affective. Il faut d’emblée souligner qu’outre le faible nombre de ces études, celles-ci présentent parfois des lacunes méthodologiques qui fragi- lisent leurs conclusions. Introduction

L’identification des individus à haut potentiel est une tâche qui est loin d’être aisée. La principale difficulté rencontrée lorsque l’on s’intéresse à ces populations réside en l’ab- sence d’une définition unitaire de ce concept. La littérature anglo-saxonne utilise le terme générique de « gifted » tandis que l’on parle en France d’individus à « haut potentiel », d’enfants « intellectuellement précoces » voire même de « surdoués ». Le premier terme admet que ce potentiel peut rester latent. Le deuxième fait référence à une avance dans le développement mental. Le dernier évoque la notion de don et par là-même, la question de l’hérédité. Ce flou théorique se répercute à des niveaux pratiques et empiriques. Il est ainsi difficile de construire des outils psychométriques fiables et valides pour identifier ces populations hors-norme. Des théories récentes de ce champ de recherche relativisent l’importance de l’évaluation par le Quotient Intellectuel et tendent à considérer d’autres composantes psychologiques pour caractériser les individus à haut potentiel (Renzulli, 1986). (...) Suite à une revue de la littérature portant sur une période de plus de 60 ans, Janos et Robinson (Janos et Robinson, 1985) estiment, par exemple, que 20 à 25 % des enfants à

  • haut potentiel présentent des difficultés d’ordre émotionnel et social. Les théories et/ou les travaux présentés ci-dessous sont, à notre connaissance, les seuls ayant porté sur les caractéristiques émotionnelles de ces enfants. Un premier groupe de recherches examine ce qu’il est convenu d’appeler l’« intelligence émotionnelle » chez les enfants à haut potentiel intellectuel. Une seconde série de recherches est orientée vers l’étude de l’anxiété des enfants à haut potentiel : des facteurs intrinsèques ainsi que des facteurs contextuels semblent favoriser l’émergence de ce trait. Enfin, un troisième groupe de recherches est focalisé sur le concept d’intensité affective. Il faut d’emblée souligner qu’outre le faible nombre de ces études, celles-ci présentent parfois des lacunes méthodologiques qui fragi- lisent leurs conclusions.


Les compétences émotionnelles des enfants à haut potentiel

Depuis la fin des années 80, un certain nombre d’études ont été menées sur les caractéristiques individuelles liées aux traitements des émotions et/ou de l’information émotionnelle (...), la définition de l’intelligence émotion- nelle s’est affinée, au fur et à mesure que ce concept a suscité l’intérêt des chercheurs et du public. Mayer, Salovey et Caruso (Mayer et al., 2000) conçoivent l’intelligence émotion- nelle comme multidimensionnelle. Elle serait constituée de quatre branches représentant chacune une catégorie de compétence spécifique : • la capacité à percevoir, à appréhender, et à exprimer les émotions ; • la capacité à générer et à utiliser des sentiments lorsque ceux-ci facilitent les activités cognitives ;

  • la capacité à comprendre les informations de nature émotionnelle, et à utiliser les connaissances se rapportant aux émotions ;

  • la capacité à réguler les émotions afin de promouvoir le développement émotionnel et intellectuel ainsi que le bien-être.


Nous avons recensé quatre études examinant l’intelligence émotionnelle d’enfants à haut potentiel intellectuel.

Les travaux liés à l’examen du haut potentiel se sont bien-sûr centrés sur l’étude des intelligences dites fluides ou cristallisées (examen des aptitudes à traiter les informations verbales, des aptitude spatiales ...). En partie en raison de la récence du concept d’intelligence émotionnelle, peu d’études ont examiné les compétences affectives de ces enfants. Or, s’ils présentent des capacités hors normes à traiter les informations en général, on peut se demander s’ils présentent aussi des compétences particulières à traiter les informations émotionnelles. Certaines observations réalisées vont à l’encontre de cette hypothèse (..) les enfants à haut potentiel intellectuel auraient en général aussi un haut potentiel émotionnel qui impliquerait de hautes capacités d’empathie, et une sensibilité élevée à la justice et à la morale (...)


L'étude de Mayer et al. est intéressante dans la mesure où elle suggère une forme d’évaluation du haut potentiel qui ne se limite pas à l’intelligence académique. Cependant, elle reste décevante quant à la procédure et aux analyses menées. Premièrement, avec seulement 11 participants la taille de l’échantillon est trop faible pour que les résultats soient fiables. Par ailleurs, les auteurs ne contrôlent pas le niveau d’intelligence non verbale (QI performance par exemple) de ces adolescents. (..) il est utile de rappeler que la recherche sur l’intelligence émotionnelle est très récente et que les études réalisées sont encore dans une phase exploratoire. Cependant l’étude du degré d’intelligence émotionnelle chez les enfants à haut potentiel intellectuel pourrait permettre d’enrichir la notion de haut potentiel. 5..° Notons enfin que ces études évaluent un niveau global d’intelligence émotionnelle. Or comme le suggèrent Mayer, Salovey et Caruso (Mayer et al., 2000), l’intelligence émotionnelle est multifactorielle. En conséquence, il est possible que chaque compétence émotionnelle spécifique contribue différemment au haut potentiel et/ou à la réussite académique. Il reste donc à étudier l’impact de chacun des facteurs.


L’anxiété trait des enfants à haut potentiel

L’anxiété-trait (Spielberger, 1966) se définit comme la tendance (constante ou consis- tante) à réagir avec appréhension. Il est une forme latente de l’état d’anxiété, qui correspond à l’expression émotionnelle, dans un contexte bien spécifique, du trait anxiété.

  • D’une manière générale, l’anxiété est définie comme l’anticipation appréhendée d’un futur danger ou d’une infortune, accompagnée par un sentiment de dysphorie ou de symptômes somatiques de tension (DSM IV, American Psychiatric Association, 1994). Pour Spielberger (Spielberger, 1966 ; 1971), le trait émotionnel anxiété, reflète la probabilité qu’un état d’anxiété se manifeste dans des conditions impliquant différents degrés de stress. Un individu dont le niveau d’anxiété-trait est élevé est plus disposé que les autres à répondre aux situations stressantes par un état anxieux. Les enfants à haut potentiel sont-ils anxieux ? L’anxiété accrue des enfants à haut potentiel a surtout été décrite, suite à des observations non systématiques. Ainsi, pour Clemens et Mullis, (Clemens et Mullis, 1981), les enfants à haut potentiel, comparativement aux enfants « tout venant », ont besoin de traitements et de soins particuliers en raison de leur forte tendance à être tendus et anxieux. Dirkès (Dirkès, 1983) pense que les enfants à haut potentiel présentent, face à un certain niveau de stress, des réactions anxieuses qui peuvent engendrer des effets négatifs. Certaines données expérimentales confirment en partie ces hypothèses. (...)

Intensité affective des enfants à haut potentiel et hyperstimulabilité

Selon certains psychologues, les individus à haut potentiel feraient preuve d’une sensi- bilité accrue à la stimulation, que celle-ci soit sensorielle ou affective. Des cas d’enfants présentant des manifestations émotionnelles exceptionnellement intenses ont été décrits (Albert Schweitzer faillit s’évanouir lorsqu’il entendit pour la première fois le son de cuivres) et l’hypothèse d’une réceptivité sensorielle particulièrement vive aux stimulations de l’environnement chez les individus à haut potentiel paraît constituer une voie de recherche prometteuse. Ainsi Morelock (Morelock, 1996) articule sa définition du haut potentiel autour de la combinaison entre un développement précoce d’aptitudes cognitives (asynchronie développementale) et la présence d’une sensibilité élevée (sans se prononcer sur l’existence d’un lien de causalité entre ses deux caractéristiques). L’étude des caracté- ristiques émotionnelles des individus à haut potentiel intellectuel a permis d’améliorer la compréhension de ce phénomène et de développer des instruments psychométriques mieux adaptés à cette population.

Certains conçoivent un haut potentiel comme l’intégration de composantes intellectuelles et émotionnelles. De ce point de vue, la complexité intellectuelle irait de paire avec une certaine profondeur émotionnelle. Ainsi Roeper (Roeper, 1984) propose une conception multivariée de ce phénomène. Les enfants à haut potentiel ne penseraient pas seulement différemment, mais ressentiraient également les situations d’une autre manière.


Elle avance qu’un haut potentiel intellectuel est accompagné d’une aptitude accentuée à comprendre et à transformer les perceptions en expériences intellectuelles et émotives. Ces enfants traverseraient donc les mêmes étapes « universelles » de développement, mais différem- ment, ce qui aurait pour conséquence de générer différents types d’image de soi (Roeper, 1984).


Ses observations l’ont ainsi conduite à dresser un tableau clinique fondé sur la description de six types de profils émotionnels d’enfants à haut potentiel, renvoyant à différents types d’image de soi : le « perfectionniste », « l’enfant-adulte », « le gagnant de la compétition », « l’exception », « l’enfant auto-critique » et « l’enfant bien intégré ».

Roeper reconnaît que ces profils présentent un haut degré de généralisation. L’objectif de cette démarche est avant tout de rendre compte du développement émotionnel de ces enfants, afin de mieux l’intégrer au niveau éducatif. Elle souligne aussi l’hétérogénéité existant au sein de cette population. Les recherches sur ce thème doivent donc prendre en compte ces différences ce qui renforce l’idée d’élaborer des profils si l’on cherche à décrire les caractéristiques émotionnelles des individus à haut potentiel.



La notion d’hyperstimulabilité

Au début des années 80 s’est développé un courant de recherche fondé sur les travaux initiés par Dabrowski. Sa théorie de la Désintégration Positive, qui tente de modéliser la personnalité dans son développement, a permis non seulement de fournir des éléments de réflexion sur les facteurs impliqués dans la construction d’une personnalité stable et unique, mais aussi d’établir des critères pour la mise au point d’outils psychométriques recouvrant des champs d’applications multiples (études cliniques de personnalités pathologiques, identification de populations atypiques...). Pour Dabrowski, le développement de la per- sonnalité dépend de trois facteurs distincts : • facteurs héréditaires ; • facteurs environnementaux ;

• et facteurs motivationnels. (...) et de cinq formes d’hyperstimulabilités qui sont : • psychomotrice : couramment envisagée comme un besoin d’activité physique et de mouvement qui peut aussi se traduire par des difficultés à réduire l’activité cérébrale pour s’endormir. Elle se reflète à travers une énergie physique débordante accompagnée de mouvements, de gestuelles, tics nerveux, logorrhée... ; • sensuelle : exprimée à travers l’exacerbation des sens au cours d’expériences de plaisir ou de déplaisir (par le biais de différentes modalités sensorielles, sentir, toucher, goûter, entendre). • imaginaire : caractérisée par de riches associations d’images et d’impressions, une certaine inventivité pour l’utilisation d’images et de métaphores dans le langage parlé ou écrit. Les rêves sont vivaces et peuvent être racontés avec beaucoup de détails. On observe également une prédilection pour les contes de fée, la création poétique, l’inven- tion de compagnons imaginaires... ; • intellectuelle : besoin élevé pour comprendre et chercher la vérité, pour acquérir des connaissances, analyser et synthétiser. Intense activité intellectuelle (curiosité, capacité pour soutenir l’effort intellectuel, avidité de lecture). Penchant pour poser des questions pertinentes et pour la résolution de problèmes ; • émotionnelle : l’expérience de relations émotionnelles, négatives ou positives, ressenties et exprimées de manière plus intense que la moyenne. Grande intensité des sentiments et conscience de la vaste gamme des émotions. Caractérisée par l’inhibition (timidité) et l’excitation (enthousiasme). Conclusion Majoritairement il semble que les individus à haut potentiel présentent une tendance à vivre intensément les émotions. Cette observation systématique fait état d’une sensibilité affective extrême.(...) L’étude de ce profil sera d’autant plus riche et instructive qu’elle ne se limitera pas à la simple étude de l’intelligence émotionnelle et de l’intensité affective des enfants à haut potentiel. On pourra dès lors extrapoler sur l’absence de réussite sociale et académique d’un certain nombre d’enfants pourtant identifiés comme présentant un potentiel intellectuel important. L’idée selon laquelle certaines caractéristiques émotionnelles individuelles comme l’anxiété pourraient être impliquées dans l’inadaptation au système scolaire (échec scolaire et social) chez certains de ces enfants reste une piste de recherche intéressante. POURQUOI CET ARTICLE

Nous avons à coeur d'accompagner ces personnes hypersensibles, (en lien avec nos histoires de vie et nos propres structures) qu'importe la haut potentialité ou leur formation neurologique, ce que nous constatons est que cette intensité affective et un regard auto-critique sévère, duel ont souvent créé un sentiment d'échec et d'inadaptation quant à nos places dans ce moment soient-elle d'ordre affective, amicale,sociale et... professionnel...


Marine Fortin

Brigitte Mary

accompagnement personnel et professionnel - thérapies, mentorat et consulting 02 97 24 90 74 06 81 33 81 96

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REGARD SUR LE HAUT POTENTIEL
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