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CONFINEMENT...

« L’ombre de la cage ne pourra jamais couvrir de son spectre la lumière qui se présente à la porte… »

CONFINEMENT...Les mots se saisissent de nos émotions, ou peut-être est ce l’inverse… … la parole pourrait se faire l’écho de nos silences, de nos discrétions, de nos fuites. …. Les mots ont leur racine. Comme nous… Ils s’accrochent à leur sens, leur vrai sens.

Chacun choisit pour l’heure, dans ce présent là, si particulier, de donner son sens à ce qu’il a vivre…un peu comme à la recherche de sa propre étymologie.


Marine, Manon et moi, avons eu envie de donner un sens à un mot qui venait s’échouer dans nos quotidiens, et qui parle trop fort pour que nous ne l’entendions pas, en imaginant un petit haïku bretonnant illustré que nous publierons tous les deux/trois jours.Pour Moi :


ce sera CONFINEMENT…


CONFINÉS, nous sommes confinés….Aux confins, aux bouts pour certains d’un monde, à la frontière d’un espace, nous avançons chaque jour vers un endroit reculé plus au moins vite, conscient ou moins, un peu plus loin dans un espace qui peut nous sembler immensément clos…


Nous pourrions nous approcher d’une autre frontière, celle que nous savions exister, qui nous semblait si éloignée de nous… Nous rentrons « à Notre maison », comme disent les enfants… il nous faudra nous y asseoir, sentir les limites géantes de ces murs, tout en ressentant la sécurité de ces pans érigés entre nous et un danger, nous rentrons près de nos amours ou de nos haines, de nos différences, de nos indifférences, dans nos solitudes, dans nos mondes, de nos colères, l’extérieur ne barre plus le passage, n’édulcore plus l’intensité et nos vérités…


La salle de spectacle est fermée.


Avions nous conscience que nous étions enfermés à l’extérieur, dans les sollicitations, isolés avec nos faux semblants, les yeux scellés à nos écrans, l’esprit asphyxié .

Avions-nous conscience de nous éloigner des bras, des mains, des rires, des baisers, de la chaleur des nôtres?

Nos périmètres se réduisaient jusqu’à pour certains l’oppression, l’épuisement… Avions nous conscience de chercher dans nos corps, désespérément la dimension nécessaire pour survivre…Que nous ne pouvions plus respirer qu’à des créneaux réservés où nous autorisions nos incarnations à s’étirer, prendre l’air, souffler, méditer…

Nous prenions des rendez-vous avec nous-même, maintenant l'agenda est libre.Nous avions brisé nos miroirs, plus de reflet, qu’avions nous peur de voir ? On a tourné le dos à une image réfléchie, à nos beautés, pour s’arguer de posséder la plus belle apparence sociale, économique, intellectuelle …


Et pendant tout ce temps, la nature continue à nous faire confiance, à nous suivre, misant sur nos humanités… Elle a sorti du tiroir, le psyché, le grand miroir inclinable à volonté et fait le tour d’un univers.

Regardons-nous !


Nous touchons ceux que nous aimons de l’autre côté de l’écran, de nos regards, et les mots viennent caresser nos liens… Doucement, nous passons de l’autre côté de nos démarcations, les langues déclinent le verbe aimer, les propos recourent au coeur, les claviers inscrivent au noir notre besoin d’être ensemble… les actes marquent la force de l’intention…le monde regarde enfin son voisin.

Dans les endroits reculés de nos territoires, l’humanité continuait à veiller…Confiner, enfermer, isoler, boucler, reléguer, renfermer, mais aussi « Toucher aux limites de, Être proche de »… dans un même moment, deux définitions occupent nos espaces… les opposés cherchent à révéler le meilleur de leurs enseignements …« L’ombre de la cage ne pourra jamais couvrir de son spectre la lumière qui se présente à la porte… » mon Petit haïku bretonnant…A très vite, prenez soin de laisser passer votre lumière.


Brigitte


Illustration ManonD.

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